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Emmanuel AURAY

Emmanuel AURAY's Public Library

  • Lors de mes activités au pôle antiterroriste, j’ai constaté que de nombreux jeunes sont en fait tangents. Ils hésitent, à la frontière de la radicalisation. À ce niveau-là, l’institution judiciaire doit se demander si son action entrave l’action de Daech, ou au contraire pousse des jeunes dans les bras des djihadistes. Quand on assigne à résidence quelqu’un qui hésite, il perd son travail, se retrouve cloîtré et montré du doigt. Le choix est alors fait pour lui : il part en Syrie.
  • Lors de la fusion entre la direction de la surveillance du territoire (DST) et les renseignements généraux (RG), c’est la logique de la DST qui a prévalu. Un renseignement pyramidal et très centralisé, où tout passe par Levallois-Perret (siège de la DGSI – NDLR). On y a effectivement beaucoup perdu, notamment en termes de renseignement local et de maillage du territoire.
  • En 2000, à mes débuts au parquet antiterroriste, on surveillait pendant un an ceux qui revenaient d’Afghanistan. Ça nous permettait de séparer le bon grain de l’ivraie et de ne pas interpeller ceux qui s’étaient rangés. L’enquête elle-même apportait des critères objectifs pour estimer le danger. Aujourd’hui, il n’y a plus d’enquêteurs. Résultat, on s’est déjà retrouvé avec des jeunes mis dans l’avion en Turquie pour les ramener en France alors qu’on ne savait même pas qu’ils étaient partis…

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  • Mediapart révèle qu’au cours de l’assaut de Saint-Denis, qui a vu la mort de deux des terroristes du 13-Novembre, seulement 11 coups de feu ont été attribués, par les experts de la police scientifique, aux djihadistes contre 1 500 aux policiers d’élite. L’essentiel des tirs essuyés par le groupe d’intervention de la police nationale a été le fait de… ses propres hommes.

  • La première chose que j’ai réellement réclamée avec l’arrivée massive de nouveaux réfugiés sur le territoire, c’est que l’effort soit réparti entre différentes communes. C’est ainsi qu’on a créé le réseau des élus hospitaliers du Nord-Pas-de-Calais avec les maires de Norrent-Fontes et d’Angres. Mais on ne peut pas dire que ça a eu beaucoup de succès. Le souci, c’est qu’on ne peut pas accueillir tout le monde à Grande-Synthe.
  • si des gens refusent de quitter le campement d’aujourd’hui…
     
     Il va falloir que les associations convainquent les migrants de partir. J’offre une solution alternative mais je ne veux pas deux camps dans ma ville. Les associations vont travailler, expliquer, pour montrer aux réfugiés que non, on ne prendra pas leurs empreintes digitales à l’entrée du camp (le nouveau camp en dur de Calais formé de containers est ouvert la nuit sur présentation de la paume de la main. Il est encore boudé par les migrants, ndlr), qu’il n’y aura pas de barbelés.
  • que deviendront les migrants qui continueront à arriver ?
     
     L’accueil s’éclatera. Ce qui est déjà en train de se passer. Aujourd’hui, il y a des camps tout au long de la côte de Dieppe (Seine-Maritime), Cherbourg (Manche), jusqu’en Belgique. A chaque fois qu’il y a des liaisons vers l’Angleterre il y a entre 50 et 100 personnes. Il ne faut pas nier la réalité. Ces camps existent. Mais quand ils sont plus petits, c’est plus facile à gérer.  Et au-delà, c’est parce que ces migrants continueront à arriver que la France doit promouvoir son droit d’asile pour que les personnes soient hébergées dans des logements normaux, qu’elles puissent avoir un boulot, une formation. Il faut aussi que l’Europe montre un peu de solidarité et qu’à l’international on travaille au règlement des conflits.
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