Il n'y a pas plus de réputation digitale que d'opinion électronique.
ce que la littérature désigne par réputation est plus précisément la réputation de confiance (trustfulness and trustworthiness)
C'est bien moins que l'image, et c'est bien plus profond : la croyance qu'un individu, une organisation est digne de confiance
La réputation est ainsi ce jugement fondé sur l'accumulation des expériences qui permet d'anticiper les comportements d'autrui et fonde l'action coopérative
Dans quelle mesure ces informations peuvent affecter le jugement que l'on forme à partir de ce que disent les tiers, sur le fait qu'une marque, un individu, ou une organisation soient dignes de confiance?
Internet pose de ce point de vue trois problèmes distincts.
Le premier est que facilitant l'expression de chacun, faisant potentiellement de tous des informateurs, un risque élevé apparaît que des informations mensongères et diffamantes soient publiées, puis diffusées
Le second est que les mécanismes qui produisent la réputation échappent désormais à leurs sujets
Le troisième est celui de l'accumulation
Le neuf est que la société de l'information n'est pas celle de la connaissance. Nous découvrons que l'information n'est pas une vérité, qu'elle est une masse informe sans valeur a priori.
La e-reputation, dans la mesure où elle se présente comme un ensemble de techniques destinée à contrôler l'image qu'on donne de soi, ne concerne pas la réputation, mais la volonté de contrôler son image, c'est une chose tout à fait différente.
découvrir que l'on est pas propriétaire de son image, car l'image de marque est formée, elle l'a toujours été, dans les représentations que les autres forment
Il faut donc soigneusement séparer la question de la protection de la réputation de celle de l'image de la marque
La première est une question d'institution, la seconde un problème de relation publique
a) il n'y a pas de e-réputation, mais la croyance collective d'une marque est digne de confiance dans les actes qu'elle engagent et les discours qu'elle prononce. La réputation est une source de crédibilité.
b) L'image de marque ne doit pas se confondre à la réputation, elle est l'opinion collective sur ce que l'on croit que la marque est. Elle se forme par des processus sociaux complexes.
c) Il reste les cendres, les informations, ces traces laissées et accumulées à partir desquelles, mais non exclusivement se forme l'opinion et se forge les réputations.
Il importe de prêter attention à ces cendres, moins en les contrôlant - comment maitriser la météo! , mais en s'intéressant à l'effet qu'elles peuvent produire, aux processus sociaux qui créent l'image de marque et construisent les réputations