Pour tenter d’apporter une réponse à ce double décrochage, je propose dans la conclusion de mon livre la notion d’« intellectualité démocratique ». Cette notion vise des espaces pluriels de dialogues, de coopérations, de tensions et de confrontations entre mouvements sociaux, praticiens d’expérimentations alternatives, organisations politiques, intellectuels professionnels, journalisme indépendant, artistes subversifs et citoyens ordinaires, dans la perspective de la production d’idées critiques et émancipatrices globalisantes renouvelées, à partir bien sûr des traditions héritées. La mise en pratique d’une telle intellectualité démocratique suppose d’assumer le caractère hybride de ces espaces entre une logique démocratique et une logique de compétences.