Les technologies relationnelles désignent l'ensemble des technologies qui non seulement mettent en relation, mais également qui engramment les relations. A ce titre, ces technologies sont un moment, contemporain, du processus de grammatisation qui consiste à discrétiser les flux temporels, c'est à dire à spatialiser le temps. Après la grammatisation de la parole dans l'écriture, puis du geste dans la machine-outil, les technologies relationnelles grammatisent à présent les relations psycho-sociales.
Bien que les services de réseaux sociaux (Facebook, Twitter,..) soient la manifestation la plus visible de ces technologies, ils n'en sont qu'une partie qui s'inscrit plus glogalement dans le milieu technologique que constitute l'internet et le web, un milieu technologique associé qui permet le développement de logiques bottom-up et contributives.
L'enjeu des technologies relationnelles réside en ce qu'elles permettent des processus transductifs, des processus qui produisent de la transindividuation. C'est à dire des processus où les relations, ainsi mises-à-jour et dévoilées, vont co-déterminer et sur-déterminer la constitution des individus qui sont ainsi reliés. La relation constitue les individus dans une transindividuation que l'on nomme aussi co-individuation.
Confrontée à la question de l'interactivité dans la salle de cinéma, l'auteur nous invite à revisiter la notion même d'interactivité - ce « réfèrent imaginaire global » - d'un point de vue historique et théorique afin d'en situer les enjeux dans ses différents contextes d'usage. D'où vient cette notion, à quels autres concepts est-elle confrontée, quelles réalités recouvre-t-elle ? Sur quels champs imaginaires se déploie-t-elle et quelle en est la charge idéologique ? Quels acteurs la convoquent, dans quels contextes et à quelles fins? Travail indispensable de clarification dans des domaines de recherche où l'interdisciplinarité et la pluralité des jeux d'intérêts rendent les notions particulièrement fluctuantes. Si la confrontation historique et théorique des imaginaires et des discours avec la réalité technique, sociale, culturelle ou économique permet d'appréhender avec plus de clairvoyance les enjeux des « innovations », elle permet également d'en situer au mieux les objectifs. Cet article s'inscrit dans le cadre d'une recherche menée à l'École nationale supérieure des télécommunications sur les nouveaux dispositifs numériques en salle de cinéma (projet RIAM Cllnéma mené par la société NovoCiné, l'Université Paris V Descartes, le département EGSH de l'ENST).