Avant de disparaître en 1992, Maurice Le Lannou avait tenu à écrire : « Je tiens la géographie pour une science morale et politique dont les thèmes engagent singulièrement l’homme et le citoyen ». Ce sont des mots qu’auraient pu prononcer aussi ses prédécesseurs géographes, tels Jean Brunhes, Raoul Blanchard et Pierre George. Au fauteuil de Jules Michelet qu’il occupe désormais, et à une époque où l’on vante trop vite la dématérialisation de l’espace, la rapidité des communications, l’obsession de la vitesse, Jean-Robert Pitte pourra rappeler à ses collègues que l’espace géographique reste bien la matrice de l’écoumène.