On peut voir dans cette anomalie « culturelle » le résultat d'apprentissages défectueux, du moins biaisés, qui furent en honneur au cours des années 1970-1980, et qui sont peut-être encore en usage. Je veux parler de la lecture « muette » chez les tout jeunes enfants du cours préparatoire. Un théoricien de l'éducation, nommé Foucambert, qui avait valeur de trompette dans l'institution enseignante, défendait alors aux instituteurs de faire lire leurs élèves à haute voix, ou même à voix basse, pour la raison qu'ils devaient les instruire directement dans la lecture des yeux, sans phonation, lecture muette ; il fallait les empêcher précisément d'associer les graphismes avec les « sons » correspondants. Cela sous prétexte que la lecture sans phonation semblait plus favorable au développement intellectuel de l'enfant qu'elle empêchait par exemple d'ânonner.