Le centaure Nessus avait donné sa tunique à Déjanire en lui disant que lorsque Hercule son époux montrerait moins d’ardeur, il faudrait l’en recouvrir. Lorsqu’elle le fit, Hercule fut pris d’atroces brulures et s’arracha la peau avec ses mains jusqu’a ce que mort s’en suive. N’est ce pas cela que nous promet Internet ? N’est ce pas cela que nous vivons : la lune de miel avec les matières numériques, le plaisir d’être avec tant d’autres, la possibilité de trouver les ressources dont nous avons besoin ? Et puis, la belle mécanique se gate. La profusion devient persécutrice : trop d’infos, trop de mails, trop de fenêtres ouvertes, trop de choses a faire… On retrouve l’éparpillement dont il était question tout à l’heure. La tunique est trouée, et nos pensées ne sont plus contenues. On peut alors nous voir face à nos écrans à procrastiner. Ce qui était une ressource de pensée, de travail psychique, est devenu son plus sûr poison