Une bonne translittération française serait «Kyiv» ou «Kyïv» (en prononçant [K-y-il-i-v]), et celle en anglais serait «Kyyiv», mais jamais «Kyev». Évidemment, la loi ukrainienne n'a juridiction qu'en Ukraine et elle ne peut obliger un autre pays à utiliser une forme ou une autre. Cela dit, la forme Kiev en français (comme en anglais) demeure encore la plus répandue. Même le dictionnaire Le Petit Robert des noms propres (2006) n'utilise encore que la forme «Kiev». Cela étant dit, il est possible que la forme Kyiv entre progressivement dans l'usage des francophones, un peu comme Pékin et Beijing pour la capitale de la Chine.
Dans la capitale, le bilinguisme russe-ukrainien est une nécessité plus que dans toute autre ville, puisque le nombre des russophones est légèrement supérieur au nombre des ukrainophones. Bien que l’ukrainien ait été promu au rang de seule langue officielle, ce statut n'a encore occasionné que fort peu de retombées sur l’usage de l'ukrainien à Kiev qui, on le sait, a été passablement russifiée depuis longtemps, même si un certain progrès a été réalisé depuis 1991, notamment dans l'Administration et les établissements d'enseignement. Dans l'ensemble, la langue russe reste à Kiev un moyen de communication essentiel dans les situations de communication formelles et informelles, et assure sa prédominance dans les milieux professionnels, ainsi que dans les grandes manifestations culturelles, incluant la presse et à la télévision. On peut même affirmer que le Kiévien type est un locuteur du russe. Il n'existe pas de mauvaises façons de parler le russe à Kiev et il n’y a pas réellement de norme idéale du «parler russe correct». Généralement, il vaut mieux ne connaître que le russe à Kiev, plutôt que seulement l'ukrainien!
Évidemment, la population kiévienne paraît favorable à une «dérussification» des usages linguistiques dans la ville où l'affichage est uniquement en ukrainien. Jusqu'à récemment, les autorités (généralement très russifiées) n'avaient pas manifesté beaucoup d'empressement pour changer la situation; beaucoup d'Ukrainiens ont accusé les autorités de «lenteur» et de «mollesse» dans l’affirmation du droit légitime de la langue ukrainienne. Il est probable que la «Révolution orage» aura des effets bénéfiques dans un éventuel processus de changement et que le russe devra faire face à la pression politique soucieuse d’introduire l’usage croissant de l’ukrainien