Au camp de Choucha, la vie est difficile. Dans le désert tunisien près de la frontière avec la Libye, le soleil brûlant de midi s'abat sur les rangées de petites tentes où des milliers de réfugiés s'abritent de la chaleur, des vents de sable et des scorpions.
Par Charlotte Phillips, chercheuse sur les droits des réfugiés et des migrants pour Amnesty International.
Le Bureau de Tunis du Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme (Remdh) a été confié à Me Ridha Raddaoui qui, pendant une année (la durée du programme du Réseau), veillera sur la mise en place, l’encadrement et l’accompagnement des associations et autres structures de la défense des droits fondamentaux à l’intérieur du pays.
C’est que, nous dit M. Raddaoui, les régions tunisiennes «ont été appauvries même sur le plan associatif» du temps de Ben Ali. Ainsi, les activités associatives «manquent cruellement à l’intérieur du pays». Il précise que l’action du Remdh dans les régions consistera à aider les associations à travailler dans le secteur des droits de l’homme. Par aider, il entend dire «les doter des moyens matériels, juridiques et autres en plus d’actions de formation et d’accompagnement».
En effet, le Remdh déconstruit dans ce rapport le mythe derrière le soi-disant «miracle tunisien» en démontrant la profondeur des défaillances structurelles que le régime de Ben Ali avait tenté de couvrir pendant plus de deux décennies.
Le rapport fournit des données détaillées sur le taux de chômage élevé paralysant l'économie du pays, le manque d’accès aux soins médicaux de base, les questions liées à la corruption et le nombre impressionnant de jeunes tunisiens qui essayent de joindre les rivages européens à la recherche d’une vie meilleure.
Poursuivis pour détournement de fonds publics, l'ex-président tunisien, Zine el-Abidine Ben Ali, et son épouse, Leïla Trabelsi, ont tous deux été condamnés par contumace à 35 ans de prison. Une peine assortie d'une amende de 65 millions de dollars.
Les Tunisiens de l’étranger ou la diaspora étaient, jusqu’à fin 2010, au nombre de 1 million 146 mille 300 dans le monde. La grande majorité se trouve bien sûr en Europe (950 mille) et notamment en France qui accueillait 600 mille Tunisiens, loin devant l’Italie (160 mille dont 60 mille à Milan qui abrite la plus grande agglomération de TRE) ou l’Allemagne (130 mille) ou le Portugal avec la plus petite communauté (160 personnes) de Tunisiens en Europe. La seconde grosse communauté de Tunisien à l’étranger se trouve au Moyen-Orient et compte 160 mille personnes. Mais les Tunisiens sont aussi en Suisse (13500), en Asie de l’Est (1500 personnes), en Afrique (1300) et même en Australie (700 personnes). En France qui accueille 53,8 % des TRE, ils sont notamment à Paris (188055 personnes), à Pantin (17,43%), à Marseille (13,79%) et à Nice (12,94 % des 950 mille TRE en France).
21 juin 2011
Conseils aux Français séjournant en Tunisie :
- Ayez toujours vos papiers d'identité sur vous.
- Suivez les consignes de sécurité données par les forces de l'ordre.
- Évitez formellement les attroupements, en toute circonstance
- En cas de détonation : n'approchez jamais des fenêtres.
Environ 6 mois se sont écoulés depuis le jour où la Tunisie s'est libérée et où le peuple s'est pris en main. Un long chemin nous attend mais l'opportunité d'offrir à nos enfants un avenir meilleur est une chance inestimable que nous devons saisir.
Longtemps appelée Régence de Tunis, notamment sous la domination ottomane, la Tunisie passe sous protectorat français le 12 mai 1881 avec la signature du traité du Bardo. Avec l’avènement de l’indépendance, le 20 mars 1956, le pays s’achemine, au début, vers le statut d’une monarchie constitutionnelle ayant pour souverain Lamine Bey[4],[5], dix-neuvième et dernier représentant de la dynastie des Husseinites[6]. Avec la proclamation de la république, le 25 juillet 1957, c’est le leader nationaliste Habib Bourguiba qui devient le premier président de la République tunisienne et modernise le pays. Toutefois, en 1987, au terme de trente ans à la tête du pays dont la fin est marquée par le clientélisme et la montée de l’islamisme, le Premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali finit par le déposer, mais poursuit dès lors les principaux objectifs du « bourguibisme » tout en libéralisant l’économie. Ben Ali, après vingt-trois ans d’une présidence souvent jugée autoritaire et policière, caractérisée par l’importance de la corruption, cède à la pression de la rue le 14 janvier 2011, fuyant le pays et trouvant refuge en Arabie saoudite[7]. Avec son épouse, il fait l’objet d’un mandat d'arrêt international.
Intégrée aux principales instances de la communauté internationale, la Tunisie fait également partie de la Ligue arabe, de l’Union africaine et de la Communauté des États sahélo-sahariens.
Si l'on devait apprécier l'importance d'un État en fonction d'étalons de mesure tels que l'étendue du territoire, les richesses du sous-sol ou le potentiel démographique, force serait de considérer la Tunisie comme entité négligeable à l'échelle du Maghreb. Au vu d'une carte, les 164 150 kilomètres carrés du territoire tunisien figurent une sorte d'encoche dans le tracé de la frontière entre les « géants » algérien (2 381 000 km2) et libyen (1 757 000 km2). Petite entaille stoppée aux marches du Sahara, la Tunisie ne puise que modestement à cet immense réservoir d'hydrocarbures pour subvenir aux besoins de ses 10 millions d'habitants (en 2005).
Le penseur, écrivain et poète observe les métamorphoses en cours dans son pays natal, la Tunisie, et dans le reste du monde arabe. Des situations contrastées, qu’il analyse pour Jeune Afrique.
Officieusement, c'est le RCD, le parti de Ben Ali, qui siège ici. Et en réalité, cette forteresse est une des bases à partir desquelles le régime tunisien contrôle, réprime et agresse la communauté tunisienne en France.
2007 : l’Accident de Rachid FERCHIOU, Ouled Lenine de Nadia EL FANI, Mare Nostrum de Mourad Ben CHEIKH,
2008 : l’autre moitié du ciel de Kalthoum BORNAZ, Thalathoun de Fadhel JAZIRI,
2009 : Cinecitta de Ibrahim LETAIEF, Dawaha de Raja AMARI, Vivre ici DE Mohamed ZRAN
2010 : Les palmiers blessés de Abdellatif Ben AMMAR
Reportage d'Africa 24 sur le spectacle Sarkha-Nouveau cirque tunisien présenté sous le grand chapiteau Cirque en Chantier à l'Ile Seguin, Boulogne-Billancourt du 16 juin au 2 juillet 2011.
La littérature tunisienne existe sous deux formes : en langue arabe et en langue française.
La littérature arabophone remonte au VIIe siècle avec l’arrivée de la civilisation arabe dans la région. Elle est plus importante que la littérature en langue française — qui suit l’implantation du protectorat français en 1881.
Je suis l'appel de ton souffle... J'ai peur. Tu enflammes en moi la pluie. Ma fraîcheur s'incline sur le sable, je veux m'enfoncer dans ta tyrannie... Comment peindre ta bouche sur ma langue qui brûle ? Tu as épuisé mes souvenirs, mon bien aimé, et le rire et le corps... Je suis une fleur, que d'autres ont cru cueillir, et elle n'a fait que se plier comme la vengeance, comme l'attente. J'ouvre ma porte ne t'arrête pas.
Ce livre est une réflexion à caractère poétique et philosophique sur l'homme, qui montre le bien-être mais surtout le mal-être de l'individu dans la société.
eut-on parler des élections politiques et de droit électoral dans un pays colonisé comme la Tunisie ? Pour tous les protectorats européens, il ne pouvait être question de donner des droits politiques aux habitants autochtones qui restaient théoriquement les sujets de leur souverain traditionnel. Le colonialisme français n'a pas fait exception.
"Or, malgré la logique bornée des détracteurs, et même sous l'effet de la sidération et du blocage de l'existence dans la colère ou dans la douleur qui la submergent, nous ne renonçons pas, il nous reste encore à agir et à dire. Dire l'épreuve, traduire le tragique de la vie, exprimer l'angoisse de la pensée. (...) Faire toujours de son mieux, c'est alerter la mémoire vive et non pas celle du ressentiment...". C'est exactement ce qu'écrivait Abdelaziz Ayadi dans l'Introduction de ce beau livre, juste à la veille de la Révolution tunisienne !".