This link has been bookmarked by 4 people . It was first bookmarked on 27 Dec 2011, by hubert guillaud.
-
05 Jan 12
-
02 Jan 12
-
La définition des comportements violents n’a rien d’intemporelle, elle ne cesse au contraire d’évoluer dans nos sociétés. Le phénomène est particulièrement net dans le cas des violences faites aux femmes et aux enfants, mais il est beaucoup plus général. Dès lors, comment raisonner sur l’évolution d’un phénomène dont la définition ne cesse de s’élargir ? L’on croit le plus souvent « nouveaux » des comportements qui ne le sont que dans leur dénonciation.
-
En effet, contrairement à un préjugé omniprésent dans le débat public, les violences interpersonnelles ne connaissent pas d’« explosion » depuis une quinzaine d’années (encadré ci-dessous). Au contraire, un processus de pacification des mœurs continue à travailler la société française et participe du recul lent, irrégulier mais continu de l’usage de la violence interpersonnelle comme issue aux conflits ordinaires et quotidiens de la vie sociale.
-
En réalité, notre société ne supporte plus la violence, ne lui accorde plus de légitimité, ne lui reconnaît plus de sens. Du coup, les comportements changent de statut.
-
Ce qui était regardé jadis comme normal ou tolérable devient anormal et intolérable.
-
la plupart des traditions intellectuelles s’accordent sur le fait que la disciplinarisation aura été l’une des caractéristiques majeures de la « modernité
-
Enfin, depuis 2002, nous sommes entrés dans une période de véritable frénésie sécuritaire avec près de 50 réformes du code pénal et du code de procédure pénale (
-
Mais il est lié aussi à l’évolution des modes de vie en tant qu’ils réduisent les capacités de régulation des conflits interindividuels dans les microcommunautés sociales. L’urbanisation se poursuit en effet en raison du développement de la périurbanisation, cette dernière ne s’accompagnant en réalité d’aucune reconstruction de dynamique communautaire. Au contraire, les modes de vie périurbains séparent toujours plus le lieu d’habitat familial du lieu de travail, des commerces où l’on fait ses courses et parfois des équipements scolaires, des loisirs et des lieux de l’engagement associatif.
-
s’accentue encore un mouvement ancien de réduction des capacités de règlement infrajudiciaire des conflits interindividuels
-
Faute d’interconnaissance, d’habitude du dialogue et de médiation, les individus se retrouvent seuls entre eux pour réguler leurs conflits et n’ont d’autre solution, s’ils ne parviennent pas à s’entendre, que de se retourner vers les pouvoirs publics
-
Ainsi les principaux changements enregistrés dans les zones de gendarmerie ne résident pas dans la nature des comportements délinquants mais, d’une part, dans l’élargissement de la définition de la délinquance,
-
L’essor constant de cette société de consommation s’accompagne ainsi du développement d’une délinquance d’appropriation qui constitue une sorte de redistribution violente.
-
dans une société où l’anonymat facilite grandement la tâche des voleurs.
-
À tel point que les sociologues n’hésitent plus à parler de « ghettoïsation » (Didier Lapeyronnie) et de « séparatisme social » (Éric Maurin). Et ces processus ne sont pas seulement spatiosocioéconomiques, ils ont aussi des conséquences psychologiques en termes d’identités collectives (donc de frontière tant sociale que mentale).
-
es enquêtes locales de victimation du Cesdip précisent que les zus n’enregistrent des taux vraiment plus élevés qu’en matière d’agressions intrafamiliales
-
C’est ici une sorte de violence du ressentiment, de l’échec et de l’humiliation.
-
La stratégie actuelle des pouvoirs publics est de répondre à la « question de la violence » par l’entretien d’un climat d’inquiétude à l’occasion des faits divers (concernant les bandes, les mineurs de moins de 13 ans, les agressions en milieu scolaire, les armes à feu, la récidive, etc.), par un usage frénétique de l’incrimination (c’est-à-dire l’élaboration permanente de nouvelles lois durcissant le code pénal, souvent même avant que l’on dispose d’évaluations des précédentes) et par une prévention qui se réduit quasiment à la vidéosurveillance (dont l’efficacité est critiquée dans le milieu scientifique).
-
-
27 Dec 11
hubert guillaudDepuis 30 ans, les actes violents sont de moins en moins nombreux dans notre société et pourtant, ils nous semblent de plus en plus intolérables et cristalisent de plus en plus le débat public.
internetactu internetactu2net Fing violence société futur prospective
Would you like to comment?
Join Diigo for a free account, or sign in if you are already a member.