Michel Roland's personal annotations on this page
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Ce matin-là, donc, une fille planquée dans le fond de la classe m'a balancé une question en forme de grenade: "Ça sert à quoi de lire des livres?"
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De nos jours (me suis-je mis à réfléchir tout haut, en tétant mon café tiède), la plupart des objets culturels sont intégrés dans une approche multitâche. Autrement dit, on peut écouter de la musique en lavant la vaisselle, visionner un film en bavardant avec son voisin ou lire huit sites Web en simultanée.
Le livre, en revanche, demeure l'un des seuls objets culturels qui exigent de tout arrêter. Pour exister, il nécessite une attention exclusive. Impossible de lire un bouquin en pensant à autre chose.
Dans un monde multitâche, consacrer tout son temps à une seule activité revient à perdre son temps - ce qui explique sans doute en partie pourquoi on lit moins de livres qu'auparavant. L'intérêt du livre se trouve pourtant là: il exige certes plus d'effort, mais il dilate les heures.
Le livre est, en somme, une machine à courber le temps.
Voilà qui expliquerait d'ailleurs pourquoi le roman historique jouit en ce moment d'une telle popularité. Il s'agit au fond d'une métaphore de ce que le livre parvient à créer: une parenthèse temporelle avec sa propre logique, sa propre vitesse
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Ils comprenaient pourquoi ils n'avaient pas envie de lire des livres, mais aussi pourquoi ils auraient pu en avoir envie.
This link has been bookmarked by 2 people . It was first bookmarked on 03 Dec 2008, by Michel Roland.
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Ce matin-là, donc, une fille planquée dans le fond de la classe m'a balancé une question en forme de grenade: "Ça sert à quoi de lire des livres?"
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De nos jours (me suis-je mis à réfléchir tout haut, en tétant mon café tiède), la plupart des objets culturels sont intégrés dans une approche multitâche. Autrement dit, on peut écouter de la musique en lavant la vaisselle, visionner un film en bavardant avec son voisin ou lire huit sites Web en simultanée.
Le livre, en revanche, demeure l'un des seuls objets culturels qui exigent de tout arrêter. Pour exister, il nécessite une attention exclusive. Impossible de lire un bouquin en pensant à autre chose.
Dans un monde multitâche, consacrer tout son temps à une seule activité revient à perdre son temps - ce qui explique sans doute en partie pourquoi on lit moins de livres qu'auparavant. L'intérêt du livre se trouve pourtant là: il exige certes plus d'effort, mais il dilate les heures.
Le livre est, en somme, une machine à courber le temps.
Voilà qui expliquerait d'ailleurs pourquoi le roman historique jouit en ce moment d'une telle popularité. Il s'agit au fond d'une métaphore de ce que le livre parvient à créer: une parenthèse temporelle avec sa propre logique, sa propre vitesse
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narvic Narvic[Hors champ] (via Charles Bricman) L'écrivain québécois Nicolas Dickner donne une très intéressante définition du livre à l'heure du multimédia, multi-tâches : les livres est "une machine à courber le temps". "Le livre demeure l'un des seuls objets cultur
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