Michel Roland's personal annotations on this page
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on 2007-10-24
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Internet, c’est la fin du monde commun. Vous y voyez se croiser des gens qui partagent les mêmes marottes. À l’avenir, Internet vous permettra de vous détourner des informations personnellement gênantes, de celles qui brutalisent vos convictions, et d’aller partager vos certitudes avec ceux dont vous serez persuadés qu’ils pensent comme vous.
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On passe de la surabondance à la sur-surabondance. Internet n’est pas le remède au trop peu : nous sommes déjà dans le trop. La question est de savoir, aujourd’hui, ce qui nous manque. Certainement pas l’information. Mais on ne fait pas attention au monde dans lequel on vit.
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Si l’on se limite à l’expression de soi, cela donne les sites avec webcam, dont les auteurs répètent toute la journée : je m’exprime, je me montre, je suis, je suis.
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Les élites se branchent, elles nous invitent à les imiter, et traitent de ringards ceux qui ne le font pas.
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L’Internet est conçu par ses militants comme une arme de guerre anti-élitiste. Mais au sein d’une société, qu’a donc de bien la haine des élites ? Celle des élites arbitraires, à la rigueur... Mais où va donc une société qui n’a pas pour vocation de protéger ses élites ? L’horizon de la fin des élites, c’est la barbarie.
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Avec le Web, on nous dit : voici le nouvel âge des Lumières, fini la passivité de la télévision ! Selon moi, l’erreur est grave : l’apprentissage des choses fondamentales et élémentaires se fait nécessairement dans une certaine passivité. Lisant un livre, on peut sauter des pages, mais l’on sent bien que ce n’est pas la chose à faire. Lire un livre n’est pas un acte de communication. C’est un acte de réceptivité. Vous vous mettez en état de disponibilité à l’égard de quelqu’un. Vous le suivez en vous promettant de ne pas l’interrompre, de ne pas le réfuter, de ne pas entrer tout de suite en discussion avec lui. De toute façon vous ne pouvez pas : l’auteur n’est pas là.
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’avec le changement de support, on entre dans un autre âge. C’en est fini de la Lecture avec un grand « L ». Maintenant, on lit ce qu’on veut, comme on veut, avec une espèce de décontraction, de désinvolture. La lecture sur écran en est le symbole.
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La culture ne relève pas de la démocratie. Pour qu’une démocratie soit vivable, elle doit se souvenir que tout ne relève pas de la démocratie dans une démocratie. Si tout est démocratique dans une démocratie, on est mort.
This link has been bookmarked by 2 people . It was first bookmarked on 24 Oct 2007, by Michel Roland.
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Internet, c’est la fin du monde commun. Vous y voyez se croiser des gens qui partagent les mêmes marottes. À l’avenir, Internet vous permettra de vous détourner des informations personnellement gênantes, de celles qui brutalisent vos convictions, et d’aller partager vos certitudes avec ceux dont vous serez persuadés qu’ils pensent comme vous.
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On passe de la surabondance à la sur-surabondance. Internet n’est pas le remède au trop peu : nous sommes déjà dans le trop. La question est de savoir, aujourd’hui, ce qui nous manque. Certainement pas l’information. Mais on ne fait pas attention au monde dans lequel on vit.
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