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02 Jul 09
Lyonel KaufmannSilvio Berlusconi a presque gagné la guerre. Le constat s’avère rude pour Massimo Giannini. A 46 ans, le vice-directeur du quotidien italien La Repubblica, reste un irréductible : les changements provoqués par l’arrivée au pouvoir de l’entrepreneur milana
nonfiction.fr Berlusconi Italie fascisme Mussolini XXIe_siècle histoire
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Le constat s’avère rude pour Massimo Giannini.
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Silvio Berlusconi a presque gagné la guerre.
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Lo Statista émet cinq thèses,
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1) Berlusconi est désormais un véritable homme d’État et plus seulement un aventurier venu à la politique pour défendre ses intérêts.
2) Son arrivée au pouvoir entraîne la démocratie italienne vers un totalitarisme post-idéologique.
3) L’entrepreneur milanais doit être plus que jamais pris au sérieux : derrière un style tapageur, Berlusconi applique des idées qui transforment en profondeur le pays, le tout avec l'approbation de la population.
4) Il y a de nombreux points communs entre le berlusconisme et le fascisme.
5) L’opposition n’a rien compris au fonctionnement de son adversaire et a largement contribué à toutes ses victoires. -
Berlusconi et Mussolini
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Pour le journaliste, les deux hommes se ressemblent : des tribuns hors pair, virils, maîtrisant la psychologie des masses. Des rêveurs pragmatiques, travailleurs acharnés qui sont parvenus à tout maîtriser, à commencer par les médias (les journaux pour le Duce, la télé pour Il Cavaliere).
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Giannini prend le soin de rappeler que l’Italie des années 2000 n’est pas une dictature puisque "les partis de l’opposition sont vivants [et que] les journaux et les médias conservent [malgré tout] leurs fonctions critiques à l’encontre du gouvernement et de la majorité" . Mais il y a dans le berlusconisme le même fonds culturel que dans l’idéologie portée par Mussolini ("positivisme élémentaire, volontarisme néo-idéaliste et relativisme absolu" , et surtout la même volonté d’une "révolution conservatrice" ou "modernisation réactionnaire", ces oxymores utilisés par le pouvoir qui tente de répondre à des exigences opposées : "le besoin de sécurité et la recherche de l’éphémère, l’envie d’un État autoritaire et l’appel aux "esprits animaux" du capital, la protection sociale et la tolérance zéro pour les clandestins" .
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Le journaliste énumère certains points de vue, de gauche comme de droite, où Berlusconi est accusé de fascisme, tout en omettant de signifier son propre point de vue. Seule la conclusion du chapitre "Berlusconi il fascista" frappe le lecteur : aujourd’hui, en Italie, "la vérité des faits ne compte plus […] : il importe peu de savoir si le président de Conseil de mon pays a corrompu ou non un magistrat ou s’il a payé ou non des témoins pour échapper à une condamnation pour corruption" . Un constat édifiant qui ne signifie pourtant pas que Berlusconi soit une chemise noire.
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