This link has been bookmarked by 19 people . It was first bookmarked on 26 Mar 2008, by Jean-Louis ZIMMERMANN.
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28 Jan 16
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D'une vision centrée sur le renseignement, l'intelligence économique évolue vers une conception intégrant à la fois l'information stratégique, les rapports géopoligiques, les facteurs idéologiques et culturels de la guerre économique, l'infostratégie
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28 Jan 10
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24 Mar 09
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22 Mar 09
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Entre le pôle de la théorie pure et celle des recettes sécuritaires, la géoéconomie et les pratiques quotidiennes, les méchants espions et les gentils managers, le sulfureux et le trivial, l’offensif et le défensif, le mondial et le local, la cognition et la persuasion, on s’y perd un peu. Surtout quand fleurissent les anglicismes comme knowledge managment, benchmarking, Signal Intelligence, « shapping the globalization » ou les acronymes du genre C3I, C4R à base de computers, command, control, etc.
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Sans compter que le seul mot d’intelligence est ambigu : en français il est généralement réservé à la faculté mentale de résoudre des problèmes et intégrer des nouveautés, tandis que les anglophones emploient souvent le sens de « recherche efficace de l’information », comme dans la « business intelligence » dont la « competitive intelligence » ne serait que le volet orienté vers le renseignement sur la concurrence.
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- l’intelligence économique concerne une partie de l’information stratégique orientée vers l’économie (ce qui suppose l’existence d’une intelligence stratégique plus vaste touchant des questions de sécurité, de diplomatie ou de puissance et influence politique, à supposer que tous ces domaines puissent réellement se séparer de l’économie)
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La vision de l’économie comme manière de produire au mieux des objets et services désirables est surannée : désormais les mécanismes économiques sont dépendants de valeurs culturelles, idéologiques. Par ailleurs, le patriotisme économique n’est plus un sujet tabou : en atteste la définition récente par l’Etat de dix domaines stratégiques, intérêts vitaux de la Nation.
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- la qualification d’une intelligence comme stratégique est crucial. Nous avons discuté ailleurs de ce que pouvait recouvrir cette notion : à la fois des savoirs - leur possession est déterminante pour une action orientée vers une forme de victoire, donc dans un environnement compétitif voire conflictuel -et des images, messages et notions –leur propagation est indirectement utile à un dessein économique-.
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La difficulté d’une approche globale de l’IE tient aussi à ce grand écart, qui exige une psychologie particulière chez ses pratiquants : il faut gérer des savoirs et comprendre en même temps le rôle fondamental des croyances.
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Les savoirs, ce sont souvent des données factuelles acquises par de la veille active sur les brevets et sur les changements de législation et de normes. Cela demande des capacités analytiques et synthétiques à la fois, surtout pour ne pas être noyé sous la masse d’information et aller vite à l’essentiel.
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- Il ne s’agit pas seulement « d’avoir » ou d’empêcher d’avoir certaines informations (des nouvelles, des tuyaux, des procédés techniques, des plans…) mais il faut aussi maîtriser des flux d’information plus ou moins formalisée.
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Par ailleurs, il faut comprendre le rôle des catégories mentales ou les mécanismes de la persuasion par exemple pour monter une opération de lobbying auprès d’un député européen ou pour décrypter le pouvoir d’influence des médias ou des courants d’opinion.
Un bon stratège de l’IE sait concilier une démarche cognitive rationnelle et la prise en compte de nos motivations, de nos volontés et de nos valeurs. La technique appelle une pragmatique. -
- Il faut surtout les finaliser : les penser et les choisir par rapport à des objectifs, sinon c’est de la documentation .
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’art de trouver ce que l’on ne cherchait pas forcément au départ. L’univers de l’information numérique n’est pas rangé comme une bibliothèque ou une encyclopédie, de façon stable et hiérarchique : c’est un flot de mots et de signes où tout élément que nous rencontrons peut nous renvoyer à d’autres découvertes.
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Le mieux serait de considérer que l’IE a trois composantes principales : un rapport avec l’incertitude (la quête du savoir utile et sa protection,), un rapport avec les autres (l’organisation des communautés et leurs stratégies de lutte et de contrôle) et un rapport avec une instance régulatrice, le politique.
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Mais il faut aussi de l’esprit de finesse, la capacité de «sentir » les courants porteurs de l’époque, le mode de fonctionnement de gens parfois très différents imprégnés de cultures opposées.
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Le pratiquant de l’IE doit lever le nez de son ordinateur et regarder le monde extérieur.. L’IE - culture transdisciplinaire par définition - suppose de sentir les différents courants d’idées et les systèmes de valeurs émergents pour comprendre les aspects sociétaux, idéologiques, géostratégiques de l’activité économique.
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L’IE fournirait ici un ensemble de techniques pour détecter des signaux, acquérir des données fiables, mais aussi et surtout interpréter (en fonction d’un but stratégique), sélectionner, protéger (pour conserver un « différentiel » par rapport aux concurrents), évaluer des risques et possibilités, faire circuler (au bon endroit, au bon moment), structurer, vérifier, produire de la connaissance à partir de données… Bref, tout ce qui permet de diminuer les facteurs aléatoires de la décision (mais certainement pas de les supprimer au point de transformer la gestion en calcul).
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L’aspect positif est l’organisation de son propre groupe, son entreprise par exemple, pour le ou la rendre plus « apprenant » (intelligence collective, gestion de la connaissance dans l’organisation, diffusion d’une culture de l’information partagée et recherchée, motivation des acteurs..).
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En clair : même (voire surtout) dans les pays censés être ultra-libéraux ou peu dirigistes, les moyens régaliens sont mobilisés pour aider les entreprises nationales, les pôles de compétitivité, le niveau national de la recherche et de la technologie, la conquête des marchés, la protection des secteurs stratégiques, la gestion des risques…
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Le champ de l’intelligence économique s’élargit ; il ne s’agit plus de bien protéger ses secrets ou de faire de bonnes fiches sur l’actualité technologique, la concurrence, la législation d’un État, les brevets… ; il faut que toute stratégie économique, qu’elle soit d’État ou d’entreprise, intègre de nouveaux facteurs: les impératifs de l’économie de l’information et de la connaissance, la fragilité du patrimoine informationnel d’une entreprise, mais aussi de ses systèmes d’information, de sa réputation, la dépendance de ses activités à l’égard de l’opinion, des médias, des Ong, des nouvelles exigences (sécuritaires, éthiques, environnementales) de la société civile, les nouveaux rapports de protection et de coopérations entre l’État stratège et ses entreprises les plus sensibles, les facteurs culturels du comportement économique…
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– la protection légale et technique des informations détenues par l’entreprise. Cet aspect défensif est souvent mis en avant en raison de ses connotations romantiques – secret, renseignement
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– la recherche de l’information pertinente par la veille et la coopération. La veille elle-même se décline en veille prospective, environnementale, concurrentielle, sociétale… Elle doit ouvrir sur tous les phénomènes non économiques interférant avec la marche de l’entreprise. Ce processus appelle un complément, l’anticipation des risques d’image. Il faut aussi déceler les tentatives de déstabilisation informationnelle, les rumeurs, l’intoxication. Savoir ce qu’il faut, savoir ce que l’on sait et empêcher qu’autrui ne croie ou ne sache ce qu’il ne faut pas : autant d’aspects d’une même démarche pour traduire l’acquisition d’information en capacité d’action. Sans oublier l'art toujours difficile de faire circuler l'information dans une organisation pour qu'elle arrive au centre de décision concerné et juste à temps.
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– le troisième volet, l’influence qui agit en amont de la performance économique, suppose la vision la plus large. C’est un mode d’action indirect sur les perceptions et évaluations d’autrui. Il passe par l’image que l’on émet (tel le prestige d’un pays), par le message que l’on propage (ce que les Américains nomment « diplomatie publique »), par les vecteurs et réseaux que l’on mobilise (les réseaux), et plus souvent encore, par une combinaison des trois : prestige, persuasion, médiation. L’influence est cruciale, depuis sa version la plus triviale, le lobbying, jusqu’aux stratégies des États pour s’ouvrir de futurs partenariats économiques par la diplomatie, la culture, l’éducation…
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L'intelligence économique traite de l'information sous forme :
- de données relatives à l'environnement actuel ou futur de l'entreprise, puis de connaissance pour la décision (tout en empêchant un concurrent d'acquérir des informations cruciales sur sa propre action)
- de messages qui détermineront indirectement la décision d'autres acteurs à travers leurs convictions ou évaluations.Le premier processus (veille et protection) est cognitif et technique (il agit sur des données), le second (l'influence) est rhétorique et pragmatique (elle agit sur les gens).
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26 Mar 08
Jean-Louis ZIMMERMANNUn article remis à jour du 21 mars 2009 de grande qualité.
IE article best formation veille intelligence économique veille *****
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