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29 Oct 08
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18 Jun 08
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Le premier article, « Some swans are grey » de Robert Matthews (10 mai 2008, p. 44) relativise l’intérêt de la falsifiabilité proposée par Carl Popper dans « La logique de la découverte scientifique, 1934 » afin de distinguer les « vraies » hypothèses scientifiques des hypothèses présentées par les « fausses sciences » 1). Selon Popper, une théorie scientifique ne tire pas sa valeur du fait qu’elle est justifiée par un certain nombre d’observations. Elle n’a de portée que si elle laisse ouverte la possibilité qu’une expérience puisse la falsifier, autrement dit la contredire.
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On sait que les poppériens avaient reproché aux freudiens de se placer en dehors de la science expérimentale. « Vous nous expliquez que tous ces symptômes révèlent l’existence de l’inconscient, mais votre conception de l’inconscient est si extensive qu’elle ne permet pas d’affirmer que tel symptôme ne relève pas de l’inconscient »
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La critique poppérienne est aujourd’hui largement utilisée par les scientifiques voulant montrer que la cosmologie n’est pas une « vraie science »2). Selon eux, ni la théorie des cordes ni des hypothèses telles que celle des multivers ne peuvent être falsifiées, car elles ne comportent pas de prédictions pouvant être contredites par l’expérience.
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ce travail fait actuellement l’objet, non d’une remise en question radicale, mais de tentatives d’approfondissement voire de dépassement. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes scientifiques se plaignent de ne pas oser formuler d’hypothèses audacieuses au prétexte que selon Popper ces hypothèses ne seraient pas falsifiables.
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a preuve empirique n’existe pas en soi. Elle est toujours construite, notamment à partir d’une théorie implicite, sinon de véritables préjugés non scientifiques. Dans d’autres cas, on constate que des preuves expérimentales utilisées pour démontre la fausseté d’une théorie ne portent pas sur la théorie elle-même mais sur des conséquences attribuées par erreur à celle-ci. Par ailleurs, même des théories reconnues comme fausses, telle la gravitation newtonienne, peuvent encore servir de cadres de prédiction valables dans toute une série de phénomènes de la physique courante. Les scientifiques cherchent donc à trouver autre chose que le test de Popper pour garantir le caractère scientifique d’une hypothèse ou théorie intéressant un domaine nouveau. Sans le rejeter par principe, ils cherchent au moins à l’affiner.
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Dans cette approche, la « vérité » ou « plausabilité » d’une hypothèse est fonction du nombre de preuves qui jouent en sa faveur. Il ne s’agit pas nécessairement de preuves expérimentales déjà obtenues en fonction de l’état actuel des instruments, mais de probabilités de preuves, preuves susceptibles d’être obtenues dans un avenir pas trop éloigné. Le chercheur en ce cas ne cherche pas la falsifiabilité mais la plausibilité d’une hypothèse, en accumulant le plus de preuves ou probabilités de preuves en sa faveur.
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Pour en revenir à l’hypothèse des multivers, celle-ci peut être considérée comme scientifique en termes bayésiens, car c’est elle qui est aujourd’hui compatible avec le plus grand nombre d’observations expérimentales conduites, non à son propos, mais à partir des théories sous-jacentes, gravitation et mécanique quantique. Il s’agit donc, en l’état actuel de celles-ci, du « meilleur pari » à conseiller aux bookmakers de la cosmologie.
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